Les fiancés

Ils s’envahissent du regard

tendent la main vers le néant

s’inquiètent du moindre retard

referment leurs doigts sur le vent

 

au premier mot leurs lèvres tremblent 

leurs yeux se ferment sous la bouche

ils soupirent quand ils se touchent 

frissonnent parce qu’ils se ressemblent

 

ils ont l’âme au bord des paupières

aucun doute ne les étreint 

leurs sentiments sont des prières

nulle crainte ne les retient 

 

ils ont la tendresse lyrique

les larmes promptes au tutoiement

la volupté mélancolique

et le vertige en châtiment 

avec la peur d’être meurtri

leurs coeurs s’effarouchent d’un rien 

de la nuit tombée, des chagrins

des rires gênés, de l’ennui

 

quand la confiance en eux défaille

que les pieds perdent leur appui

que leurs voix brusquement déraillent

en trébuchements interdits

 

ils s’épuisent en retrouvailles

pour apprendre à se dire oui

et inventent au creux de leur lit

toute une vie de fiançailles

 

quand la passion reprend envie

quand le feu revient lentement

ils s’épousent pour une nuit

l’amour devient commencement

2019
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© 2018 by catherine etchepare