Tango ma non troppo

Je suis restée trop longtemps à t’attendre

dans ce lieu disparu de la carte du tendre

Où nous venions danser sur des complaintes tristes

Des rumbas, des mambos, sones et boleros

Aux effluves de rhum et de margheritas

Où nous nous grisions enlacés sur la piste

De parfum d’hibiscus et de blanc gardénia

Ou de habanos puros

Ce vieux café concert dont j’ai fait l’inventaire

Quand je croyais te retrouver  

d’un bout à l’autre de la terre

Quand je trouvais aux frôlements, aux pas glissés

Aux robes de soie rouge, aux costumes croisés

Une tapageuse élégance

Aux couplets de notre romance

Une exquise sensualité

 

Tu ne veux plus fredonner nos refrains

Bercer mes hanches sous tes mains

Rouler des épaules et des fesses

Donner du rythme à mes caresses

Et du piquant à mes baisers

Lever ton verre à ma santé

M’étreindre jusqu’au lendemain

Je suis restée trop longtemps à pleurer
Dans ce décor vieillot, cette scène oubliée Avant de disparaître, avant de te quitter...
2018