Marie-Galante

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J’ai retrouvé ma blonde sur le bord du chemin

pieds nus, ses sandales à la main, sa tunique

salie par le sable et par l’eau du fossé

ses cheveux décoiffés par le vent de la mer

elle levait vers moi un regard angélique

imprévoyante, étourdie, si légère 

déjà soumise à son propre désir

J’ai pris sa main et nous avons couru

vers la maison, vers l’ombre du jardin 

riant de ses péchés, et moi de la voir rire

accablés de chaleur, nous avons savouré

les langoustes, le colombo

les accras épicés et le sucre de canne

étanché notre soif avec l’eau du carbet

La journée s’est passée entre le ciel et l’eau

jusqu’au soir annoncé par la faible marée

son corps radieux, dans mes bras retenu

je me demandais à quoi elle rêvait

toute épuisée d’amour au seuil de ma cabane

elle dormait, et sous son délicieux sourire  

un petit filet de sueur coulait contre ma peau

La nuit venue, nous avions trop dormi

ma blonde a rajusté sa parure fripée

relevé ses cheveux au dessus des oreilles 

fermé sur ses poignets ses anneaux de vermeil

et je l'ai serrée contre moi sans rien dire

car nous étions désormais désunis

sa main pâle posée sur ma paume foncée

2018