Poussière d'étoile

Caillou roulé, petit galet balloté par le vent

mousse tendre mêlée aux écorces rompues

jeune liane enroulée au mât du devenir

j’attendais 

Edward Hopper

Je voyais sans voir, je cherchais

à comprendre à deviner peut-être

comment il faudrait vivre et dire

aimer, penser, grandir, être moi

j’avançais vaillamment, je marchais

 

Ignorant que tout viendrait au soir

je fixais vainement l’horizon embrumé

si j’avais su que mes yeux se voilaient

mes doigts auraient lâché plus vite

l’appui de la fenêtre où je guettais

Au loin, le soleil descendait, nuages étirés

la route s’éloignait, poussière soulevée

les arbres ployaient, feuilles éparpillées

j’attendais sans savoir si le matin viendrait

l’espoir – ou le désir – chaque nuit le noyait

Si mes yeux se posaient sur la mer 

je questionnais l’écume, sa crinière

la gerbe blanche et les éclats de sel

qui viendraient au retour de la houle

mourir sur le sable à mes pieds

Je me tenais au soir, regardant vers le ciel

poussière d’étoile, de lune, fragile résonance

d’un soleil éclaté en milliards de pensées 

lueur d’un univers aux rêves infinis

imprécise traînée de poudre, de clarté 

Je rapportais chez moi la trace du silence

infime vibration de tempêtes bravées 

aux confins de l’esprit, du vide, du néant

incertaine épopée, précaire traversée

furtive comme un souffle, un soupir, une vie

Pourquoi faut-il que tout vienne si tard ?

2019

© 2018 by catherine etchepare 

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