Douc'heures

Parfois je me souviens 

comme autant d’évidences

des bonheurs quotidiens 

de douces préférences

La nuit nous a bercé d’un songe mystérieux

où nous longions la mer tendrement enlacés

dans le ciel printanier, d’un blanc ourlé de bleu

les mouettes escortaient les bateaux qui rentraient

 

Sous les draps chiffonnés ta main cherche la mienne

c’est l’aube et le désir nous arrache au sommeil

ton odeur sur ma peau, mes lèvres sur les tiennes

sur nos corps emmêlés, des taches de soleil

Il est temps de sortir de ce lit confortable

tu vas ouvrir les yeux, t’étirer comme un chat 

décoiffer mes cheveux d’un geste raisonnable

et je pourrais enfin m’arracher de tes bras 

Il fait grand jour chéri, fais couler le café

Il y a des fruits, du beurre et du miel d’acacia

J’ai laissé le journal ouvert sur le buffet

Veux-tu encore du lait, un pain au chocolat ?

Partons en promenade, il fait un peu frisquet

Prends-ma main dans la tienne, marchons du même pas

Evitons les endroits ventés sur les sentiers 

Et revenons chez nous par le chemin du bas

Ce soir faisons la fête, invitons des amis

préparons le repas, ouvrons grand la maison

vivons joyeusement et sans cérémonie

jouons notre musique, partageons nos chansons

Le temps passe si vite, la journée se termine

l’ombre nous enveloppe et dans une heure ou deux

nous serons endormis sous la lune orpheline 

emportés dans la nuit par un songe amoureux

2020

© 2018 by catherine etchepare 

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