Freight train

Le long des voies derrière le pont

ils étaient vides les wagons

elle montait sur le marchepied

sur le plancher sale et rugueux

poussiéreux

elle posait son petit panier

elle s’appuyait contre la porte

elle attendait

que le train l’emporte

elle rêvait

les hommes rentraient le soir

il fallait fuir, dire au revoir

elle en perdait tout son courage

le train restait sur ses essieux

silencieux

personne ne partait en voyage

un toit en tôle et quatre planches

c’était sa maison du dimanche

en secret elle s’y réfugiait 

pour se protéger des orages

dommage

elle croyait qu’elle s’évaderait

elle s’appuyait contre la porte

elle attendait

que le train l’emporte

elle priait

il fallait que tous feux éteints

elle roule vers son destin

dans sa boîte de fer rouillé

il y avait de quoi vivre neuf vies

funky

tellement d’endroits où danser

on lui disait qu’il faisait beau

sous d’autres cieux, qu’il faisait chaud

qu’elle pourrait vivre en vacances

elle pensait qu’il ferait meilleur

ailleurs

elle voulait croire à sa chance

elle s’appuyait contre la porte

elle attendait

que le train l’emporte

elle espérait

mais ce n’était qu’une gamine

une petite fille encline

à rêver trop grand et tout haut

une brunette sans cervelle

rebelle

qui se prenait pour un clodo

un jour prochain elle reviendra

un autre train la ramènera

il faut toujours payer ses dettes

renoncer à la nostalgie

enfuie

il faut toujours que tout s’arrête

elle s’appuiera contre la porte

elle attendra

que le train l’emporte

une nouvelle fois

2019

© 2018 by catherine etchepare 

  • w-facebook
  • Twitter Clean