Pause café

C’était il y a longtemps, en ce temps

nous avions tant de rêves, et ces rêves

nous menaient loin, nous étions loin

de chez nous, avions-nous un chez-nous

je n’en sais rien, ça ne fait rien

le désir nous poussait à partir, partir 

à l’autre bout du monde, comme si le monde

nous appartenait, comme je t’appartenais

mon coeur et comme tu m’appartenais

 

Cette ville, nous l’avons trouvée par hasard

arrêtons nous, je veux flâner, manger

allons nous promener sur les quais

ce n’est pas Paris au mois d’août

c’est un autre pays à l’autre bout du monde

un endroit charmant qu’on a pas encore vu

Pourtant ce type là ne m’est pas inconnu

je l’ai déjà croisé, il est de notre rue 

si ce n’est pas lui, c’est son frère

regarde bien, c’est la même misère

le même monde ici, chez eux, chez nous

pourquoi aller si loin, pour chercher quoi

un bout de trottoir et les mêmes pavés

les mêmes sourires narquois

et les bouches ouvertes, édentées 

les mêmes hommes délaissés 

qui tendent la main à la ronde

je n’ai plus faim, partout c'est le bazar

ces villes et ces pays me fichent le cafard

rentrons, je ne veux plus voyager.

2019

© 2018 by catherine etchepare 

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