Course en solitaire

René Gruau

Je suis comme en voyage

Sur la mer de novembre

Mal de mer et tangage

Des hauts des creux

Du roulis à revendre

Je m’accroche au bastingage

Pour ne pas dessaler

De l'eau plein le cou plein les yeux

Du sel sur mes lèvres gercées

Les deux mains crispées sur la barre

Pieds gelés dans les bottes trempées

La tête pleine de brouillard

Le corps blindé dans le ciré

Je navigue entre les écueils

Je fais voile vers nulle part

L'horizon endeuillé

Pose un clou de cercueil

Sur ce mauvais départ

En progressant vent de travers

J’essaie de toucher le rivage

Mais je continue ma dérive

Ballottée dans tes alizés

A moins d’aborder sur tes rives

Avec tous ces courants contraires

Je vais m’échouer sur la plage

Abandonner l'initiative

Enfin sombrer, faire naufrage

2018

© 2018 by catherine etchepare 

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