Ciel de traîne

Est-ce d’avoir usé nos coeurs jusqu’au déni

Sous les draps étouffé le chagrin, la raison

Est-ce d’avoir perdu le sens de la nuance

Ou vécu trop longtemps au creux des souvenirs ?

 

Voilà que tes baisers ne sèchent plus mes larmes

Que ton souffle ne frôle plus que mes soupirs 

Notre nuit s’est perdue au matin sans alarme

Et nos bouches fermées approuvent le silence

 

Il faut bien reconnaître au soir tombé sa peine

Affronter de nouveau la fièvre, ses frissons  

Répéter sans faiblir nos sombres litanies  

Puis reprendre aux regrets la détresse soudaine 

 

Car demain sera flou comme l’est aujourd’hui

Tes yeux ne verront pas mes larmes ni mes rires

Mes lèvres ne sauront ni ta peau ni ton nom

Nous serons comme hier, séparés, désunis

Le temps s’étirera, insensible ou chagrin

Nous aurons des orages qui ne mouilleront pas

Je serais parfois tendre et toi souvent lointain

Le jour naîtra, semblable au jour qui lui succédera

Quant à le traverser jusqu’au bout ce désert…

Je ne sais pas à quoi nous devons nous attendre

Et bien que notre amour soit profond et sincère

A combien de sursauts nos coeurs peuvent prétendre

2020

© 2018 by catherine etchepare 

  • w-facebook
  • Twitter Clean