L'amandier

Quand le temps des vacances et de la liberté

Revenait en juillet, l’arbre nous saluait

De ses feuilles légères secouées par le vent

Bien cachées sous le tronc, les cigales chantaient

Mon enfance jouait suspendue à ses branches

Et tant qu’il resterait dressé sur mon chemin

Je me balancerais à sa maigre carcasse

J’entendrais son écorce rugueuse s’effriter

Et l’odeur des amandes, leurs écales fendues

Se répandrait dans l’herbe, amère et entêtante.

Ma vie s’est accrochée à ce vieil amandier

Les étés m’ont offert de belles échappées

Et mes rêves montaient à la hauteur du ciel.

Les années ont passé, l’arbre s’est affaibli

Mon poids faisait plier ses bras – je grandissais  

Et l’échelle dressée contre le tronc grisâtre

A fini par tomber dans l’herbe desséchée

Les ramages brisés du vieil arbre abattu

Ont craqué sous mes pieds, le vent s’est assagi.

Finies les envolées.

2020